On va plus au cinéma comme si on allait voir un spectacle, alors qu'en France, tu vas plus au cinéma comme si tu allais voir une expo. C'est vraiment une œuvre culturelle. Ça fait vraiment partie de la culture française d'aller au cinéma. On a vraiment ce goût pour ça. C'est plus une culture qu'une industrie et avec des fins beaucoup plus réalistes. D'ailleurs, on dit des French Endings.
Il y a le French kiss et le French Ending.
Quand il y a un film qui se termine pas très bien ou de manière très réaliste, on peut dire un French Ending.
Aujourd'hui, on va essayer de comprendre une question simple: pourquoi les films américains semblent souvent très différents des films français ? Ils sont plus lents, plus réalistes, parfois un peu plus étranges. Ils font moins Hollywood. Pour en parler, j'ai invité Manon Kerjean, qui a créé un ciné club qui s'appelle Lost in Frenchlation et qui invite des anglophones à découvrir des films français avec des sous-titres anglais. Et vous allez voir, parler de cinéma français, ce n'est pas juste parler de films, mais c'est aussi parler de la France, de l'amour, de l'humour, de l'art de vivre à la française et de plein d'autres sujets très intéressants.
Les critiques, elles sont en anglais. C'est la destination d'un public international. En fait, France 24, c'est la chaîne un peu pour les francophiles, mais disséminés dans le monde. Ceux qui aiment avoir du contenu français, mais en anglais, parce qu'ils ne parlent pas bien français. Tout se passe en anglais dans le ciné club. Les interviews des équipes de films sont en anglais. Le spectateur, il ne parle vraiment pas du tout français. Donc, on fait tout en anglais. J'essaie de leur proposer un échantillon un peu de tout ce que le cinéma français a à offrir: des films populaires, des films plus indépendants, des drames, des comédies, des documentaires, des films très anciens, des films des années 2000, des films très récents. Vraiment, l'idée, c'est qu'ils aient accès à tout. Ils viennent aussi rencontrer des gens. Ils viennent d'arriver à Paris, ils ne parlent pas trop la langue.
Pour commencer, je voulais partir d'un film que beaucoup d'étrangers connaissent déjà. Un film très français, très parisien et aussi très universel: Amélie. Amélie Poulain. C'est, je trouve, une bonne porte d'entrée, car beaucoup d'anglophones découvrent la France et le français à travers ce film. C'est une bonne porte d'entrée.
Quel est le film le plus projeté, qui plaît le plus ? Amélie.
Oui.
Pour quelles raisons ?
Pourquoi Amélie ? C'est le plus connu à l'étranger. Quand ils en ont entendu parler, ils ne l'ont pas vu, mais souvent, ils l'ont déjà vu, mais ils ont envie de le voir au cinéma.
Ok et tu en penses quoi de ce film ?
Moi, j'aime bien Amélie. Moi, je suis née à Montmartre. Je suis assez nostalgique de ce film. Ça me rappelait plein de souvenirs de mon enfance, etc. Paradoxalement, c'est un film qui a été fait un peu avec un petit budget et une petite ambition. Et je le trouve assez humble enfait et très poétique, mais finalement, c'est devenu un blockbuster. Il n'a pas été pensé comme un blockbuster. Je pense que le film est assez universel sur tous les sujets qu'il traite. Je pense que tout le monde peut se reconnaître dans Amélie. Il y a une empathie, il y a une humanité aussi dans le film. Le cas particulier d'Amélie Poulain à Montmartre, c'est très spécifique, mais en même temps, c'est un peu universel.
Pour cette vidéo, j'ai écrit un document que vous trouverez dans la description qui résume ce qui a été dit par Manon dans cet épisode et qui va lister les différents films qu'elle recommande. Elle en parlera un peu plus tard dans la vidéo et vous trouverez les liens pour regarder ces films. Donc, le lien est dans la description de la vidéo et n'hésitez pas à l'utiliser. C'est très utile. Ce que dit Manon sur Amélie Poulain est très important. Un film peut être très local, très français, très associé à un quartier, Montmartre dans ce cas, et en même temps, toucher un public vaste, très universel. Maintenant, il est temps d'aller plus loin et de comprendre pourquoi la manière française de raconter une histoire est elle différente de la manière américaine. Pour comprendre cette différence, Manon revient sur une étape très importante: la Nouvelle Vague. Bon pas besoin de tout connaître sur le cinéma. L'idée essentielle, c'est qu'en France, le cinéma cherche moins le spectacle et plus le réel. Il regarde les petites choses du quotidien: les conversations, les silences, les regards. On a moins d'actions, en général.
Pour revenir sur cette différence qu'on a un peu introduite entre film américain et film français, tu expliquerais comment une personne qui ne connaît rien au cinéma français, ce que c'est. Nous parler un peu de cette évolution du cinéma français. Et la différence entre cinéma français et américain.
La Nouvelle Vague dans les années 50, qui a complètement révolutionné, pas que le cinéma français, mais tout le cinéma mondial. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui se sont inspirées de cette période-là, ou même Scorsese, tu vois, des réalisateurs comme ça. Et c'était à l'époque assez révolutionnaire dans le sens où ils essayaient de pas prendre des personnes très connues, avec des acteurs ou des actrices très connues. Beaucoup d'innovation aussi, notamment sur le montage, donc sur le rythme, les cuts dans le film. Mais après, ce qui est un peu ironique, c'est que finalement, ces personnes-là sont devenus très très connues, vu que la Nouvelle Vague a vraiment tout changé dans le cinéma. Truffaut, Godard, Agnès Varda, etc. C'est des personnes dont on connaît à peu près l'existence. Si on aime bien un peu le cinéma, l'histoire du cinéma. On connaît un peu ces noms-là. Je pense qu'il y a un gros héritage de la Nouvelle Vague dans le cinéma français d'aujourd'hui, sur le rythme, essayer de capter le réel, vraiment d'être au plus près de petites choses du quotidien. Je pense que c'est une des différences principales entre cinéma français et cinéma américain, sans vouloir faire de généralité, parce qu'il y a plein de films américains qui ne sont pas comme ça.
Mais il y a un côté un peu plus rythmé, action et narration efficace dans le cinéma américain, alors que dans le cinéma français, tu vas avoir plus de dialogues, un rythme un petit peu plus lent. L'origine dans la Nouvelle Vague, et je pense qu'il y a un héritage vraiment qui découle de la Nouvelle Vague, qui fait qu'aujourd'hui, on a beaucoup de films qui vont reprendre ce genre de rythme et de style.
Comment les experts appellent ça ?
On va dire du cinéma indépendant, par opposition à un cinéma plus commercial. Je pense qu'aux États-Unis, toujours sans vouloir faire de généralité, mais il y a plus de cinéma commercial. On va plus au cinéma comme si on allait voir un spectacle, alors qu'en France, tu vas plus au cinéma comme si tu allais voir une expo. C'est vraiment une œuvre culturelle. Ça fait vraiment partie de la culture française d'aller au cinéma. On a vraiment ce goût pour ça. C'est plus une culture qu'une industrie, même si c'est bien évidemment aussi une industrie en France.
Donc, première grande différence, le cinéma français prend plus le temps. Il laisse plus de place au moment simple, au détail, au dialogue. Mais il y a une deuxième très grande différence. En France, Le cinéma laisse une place plus importante au réalisateur. Il a une place centrale. Le film est souvent porté par une vision personnelle et c'est ce que l'on appelle le cinéma d'auteur.
Tu as aussi le côté cinéma d'auteur en France, c'est-à-dire qu'un film va se monter autour d'un réalisateur ou d'une réalisatrice et c'est un peu lui ou elle qui va avoir le dernier mot. Alors qu'aux États-Unis, tu vas plus monter des films sur les acteurs ou les actrices. Il y a un côté plus star system. C'est vrai qu'en France, on monte aussi des films, des financements de films sur des acteurs ou des actrices connues. Mais aux États-Unis, ça va plutôt être le producteur ou la productrice qui va avoir le dernier mot. En fait, le réalisateur ou la réalisatrice a un rôle un petit peu moindre. En France, on a vraiment cette culture du cinéma d'auteur.
C'est ça qu'on appelle cinéma d'auteur ? C'est ça.
C'est l'auteur ou l'autrice qui est vraiment au centre de la création de son film.
C'est plus intéressant d'être réalisateur en France qu'aux États-Unis.
Oui, c'est sûr que le statut...
Plus de liberté.
Oui, beaucoup plus de liberté, ça, c'est sûr. Et beaucoup plus de reconnaissance, je pense aussi.
En France, tu dirais que les réalisateurs sont plus connus ou aussi connus que les acteurs ?
Souvent, ça arrive.
Cette liberté ne vient pas seulement des réalisateurs, mais elle vient aussi d'une autre part très importante du cinéma français. En France, le cinéma est vu comme un art et surtout une culture à protéger, pas seulement comme un produit à vendre, mais c'est pour ça que le cinéma français est si particulier.
Nous, en France, on a un système très vertueux que tout le monde nous envie, qui est géré par le CNC, c'est le Centre National du Cinéma. On a une taxe spéciale qui s'appelle la TSA, qui permet de financer d'autres films, mais qui est vraiment prélevée sur tous les billets. Donc enfait si toi, en tant que spectateur, tu vas voir Avatar, sans le savoir, tu participes au financement du cinéma français, parce qu'il y a une petite partie de ton billet qui est reversée via cette taxe et qui va aider au financement.
Et ce financement est distribué...
Pour aider à créer d'autres films.
D'accord.
En France, on protège beaucoup les artistes. C'est une politique plutôt de gauche qui ne va peut-être pas trop aller vers ce qui se fait en ce moment. On a aussi un système très avantageux pour les intermittents. Donc, si tu es acteur ou actrice en France, on a un système qui fait que quand tu ne travailles pas, tu es quand même payé, parce que l'État considère que tu as un travail précaire. Pas précaire, mais en tout cas, ton travail, c'est travailler pendant une certaine période, puis après avoir des arrêts, puis retravailler. Donc ils aident les intermittents de cette manière-là.
Et c'est un système qui est unique au monde ?
Je ne crois pas. Je crois qu'on est vraiment les seuls à avoir ça.
Mais la différence entre le cinéma français et le cinéma américain, ne vient pas uniquement du système. Elle vient aussi de ce que chaque culture accepte de montrer à l'écran. Par exemple, l'humour français peut parfois choquer certaines personnes, notamment des Américains, car elle est plus dérangeante, plus provocateur.
Tu penses quoi des films qui sortent aujourd'hui ?
Vaste question. Il y a des films qui renforcent des clichés. Il y a tellement de films, tellement de points de vue. Ça dépend ce que tu regardes. C'est vrai qu'il y a des comédies qui sortent, qui sont un peu ras du plancher quoi.
Tu ne veux pas trop te mouiller.
Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? Genre "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?" Pour moi, c'est vraiment...
Et pourtant, ça fonctionne.
Et pourtant, ça fonctionne. Alors ça fonctionne en France, parce que je pense que les Français, ils sont à l'aise avec cet humour-là, qui pourtant, est un peu dérangeant quoi.
Un peu cliché.
Et un peu cliché. C'est pour ça, je pense, le film, il n'est pas sorti aux États-Unis parce que les producteurs avaient peur, justement, des réactions du public américain. Alors qu'en France, ça a tellement bien marché qu'ils ont fait : Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? Un, puis deux, puis trois. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, c'est l'histoire de la famille Verneuil, je crois qu'ils s'appellent. C'est une famille française, blanche, catholique. Ils ont quatre filles et chaque fille va se marier avec une personne de race, de culture et de religion différente. En gros, il y a un arabe musulman, un Chinois athée, un Juif et un d'origine africaine catholique. Dans le film, il va y avoir plein de blagues là-dessus. Et moi, je trouve le film pas terrible, assez cliché, limite un peu raciste. Mais il y a des Français qui ont dit que c'était une manière aussi de célébrer, de vivre ensemble. Et très bien, pourquoi pas ? Mais par exemple, oui, le film n'est pas sorti aux États-Unis et je pense qu'il n'aurait pas marché aux États-Unis parce que Ils sont moins à l'aise avec ce type d'humour très provoc.
Et je pense qu'aux États-Unis, dans les films anglo-saxons, je pense qu'il y a plus d'autodérision, alors que dans le cinéma français, on va plus se moquer des autres. Souvent. Parfois. Je leur ai montré des films avec un humour très français. Par exemple, les films de Splendide, le père Noël est une ordure, Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, tout ça. Alors ça passe ou ça casse.
Ce film-là aussi, c'est considéré comme des films un peu choquants ?
Le père Noël est une ordure, j'ai quand même des spectateurs qui étaient assez choqués. Certains pour qui c'était assez choquant, peut-être pour qui Noël était un peu sacré.
C'est pas le but du cinéma de faire réfléchir, de choquer, de critiquer.
Ah si je suis complètement d'accord. Après, il y a beaucoup de films français qui sont rated A aux États-Unis. C'est pas censuré, mais il y a un avertissement pour jeune public. Pour la plupart des films français. Intouchables, par exemple, il y a une scène de drogue, parce qu'il fume un joint.
Mais genre, c'est une...
Amélie, il y a une scène de sex. Il y a pas mal de films où il y a pas d'avertissement jeune public en France, mais aux États-Unis, oui.
Après l'humour, il y a un autre grand sujet dans le cinéma français, c'est l'amour, avec un grand A. Quand on pense au cinéma français, on pense souvent à la romance, à la belle histoire d'amour à Paris, près de la Tour Eiffel. Mais ce qui est très intéressant, c'est que le cinéma français ne montre pas que l'amour idéal. Il montre aussi la réalité, donc les ruptures, les divorces, les couples un peu plus anormaux.
Pourquoi le thème de l'amour est si présent dans les films ?
Les films français ? Oui, les films français. Mais je pense dans tous les films, en fait. Je ne sais pas. En même temps, les histoires d'amour, c'est un peu les mythes fondateurs de toutes les histoires que ce soit au cinéma, au théâtre. Après, c'est vrai qu'on a beaucoup de films qui traitent des relations amoureuses en France.
C'est un peu le cliché. Quand tu dis film français, on pense film d'amour.
Je ne sais pas si c'est si vrai. Déjà, en France, ce qui est marrant de préciser, c'est qu'on a un taux de divorce qui est plus élevé que dans d'autres pays. Je crois que c'est 55%. Il y a plus de chances de divorcer que de rester en couple. On a plein d'histoires d'amour dans le cinéma français. On parlait de Mon Roi, mais un peu Histoire d'Amour Toxique, Jeu d'enfant aussi, que j'adore. Mais on a aussi beaucoup de films sur les ruptures et les divorces. J'ai l'impression que dans les films, ces dernières années, on a beaucoup le thème de la rupture, que ce soit sur des comédies, genre il y a Papa ou Maman. Je sais pas si tu as vu ? Non. Ça a tellement bien marché qu'ils ont fait un Papa ou Maman deux.
C'est bon film.
C'est sur un couple qui se bat pour ne pas avoir la garde de ses enfants. Il y a des films plus graves. Jusqu'à la garde, par exemple, qui est un magnifique film de Xavier Legrand sur les violences conjugales. Il y avait un film que j'avais adoré aussi, qui s'appelle L'économie du couple, qui est sur un couple qui est forcé de rester habité ensemble pour des raisons économiques.
Là, on est plus sur l'aspect social de la rupture. Ou des comédies. Il y en a une que j'adore et ça a tellement bien marché que ça a été tourné en série. C'est un film qui s'appelle L'Amour Flou. C'est l'histoire vraie d'un couple à l'écran et dans la vie. Ils se sont séparés, mais ils ne voulaient pas se partager la garde des enfants. Ils ont créé un concept que je trouve hyper chouette, c'est un sépartement. C'est un jeu de mots entre séparé appartement. Ils ont pris deux apparts, mais avec un espace au milieu communiquer entre les deux appartements, pour que l'enfant puisse aller de l'un à l'autre. Histoire vraie, ça ? Oui, ils l'ont vraiment fait. Ils en ont fait un film et une série.
En t'entendant parler, je me rends compte que le cinéma français met en lumière des réalités de société.
Oui, on a un cinéma qui est très social.
On est moins dans l'action, moins dans ce genre de thématique-là.
Et avec des fins beaucoup plus réalistes. D'ailleurs, on dit des French Endings. Oui, Il y a le French qui, c'est le French- Il y a le French Ending, quand il y a un film qui se termine pas très bien ou de manière très réaliste, on peut dire un French Ending, alors que c'est vrai que dans le cinéma américain, on va avoir la plupart des films qui se terminent plutôt bien. Je pense que ça, c'est un héritage plutôt à la Disney, contrairement à nous.
C'est qui est assez agaçant d'ailleurs.
Ouais.
Tu sais toujours comment ça se termine.
Voilà une idée importante autour de l'épisode que tu peux retenir. Si un film français te semble un peu trop lent, limite frustrant, ce n'est pas parce qu'il est mal fait. Peut-être qu'il ne cherche pas à donner une fin parfaite. Peut-être qu'il cherche à vous montrer une réalité du quotidien. Maintenant que vous comprenez mieux, je l'espère, une spécificité ou la spécificité du cinéma français par rapport au cinéma américain, il reste une question. Une question demeure: où est-ce qu'on peut regarder ces films ?
Et tu fais comment pour trouver des films français ?
Oui.
Sans aller au cinéma, mais depuis chez toi ? Est-ce qu'il y a des plateformes ou des sites Internet qui diffusent ces films ?
Oui, carrément. Sauf que tu auras pas les sous-titres en anglais. À moins que tu aies un VPN. Donc si tu es à Netflix US et que tu es en France, tu auras les sous-titres en anglais, mais sur Netflix France, tu n'as pas de sous-titres en anglais. Sinon, on a des superbes plateformes en France. On a Mubi.
Comment tu écris ?
M-u-b-i.
Ok.
On a Arte.
Oui.
Qui est une superbe plateforme aussi gratuite où il y a beaucoup de films. Il y a France Télé aussi, où il y a beaucoup de films, des courts métrages, des documentaires. Le catalogue, il change régulièrement. Sinon, il faut... On peut acheter le film sur... Il y a Univerciné aussi, par exemple, qui est pas mal. Il y a Canal, la plateforme de My Canal+, qui est super aussi.
Donc ça, il faut un VPN, si tu es à l'étranger.
Si à l'étranger, moi, je conseille My Friends Channel, qui est une plateforme aux États-Unis pour du contenu français. Le catalogue, il évolue, il change, il y a des droits qu'ils n'ont pas forcément négociés, etc.
Une fois qu'on sait où trouver les films français en français, on peut se demander par lequel on commence, par où commencer. Quand on apprend le français, et c'est sûrement ton cas, Généralement, c'est bien de commencer par un film qui vous donne envie, que vous allez aimer et pas forcément chercher un film intellectuel ou trop compliqué. Et donc, j'ai demandé à Manon ses recommandations pour des étudiants anglophones.
Et est-ce que tu as un film à recommander à un public international, à des gens qui apprennent le français ?
Ouais.
Et qui ont un niveau intermédiaire et qui aimeraient découvrir le cinéma français ?
Un, seul.
Ou plusieurs, non, plusieurs, carrément. Si tu en as dix, je suis preneur de dix.
Il y a un film que j'ai adoré l'année dernière, qui a fait l'ouverture du Festival de Cannes l'année dernière, qui s'appelle Partir un jour, d'Amélie Bonin. C'est pas mal pour apprendre le français parce que le film, c'est avec Juliette Armanet, la chanteuse.
Je connais.
Tu connais ?
C'est un peu une sorte de karaoké géant, le film. C'est une comédie musicale un peu inspirée de Jacques Domi, donc réalisateur de Dommage et de Rochefort. Et il va y avoir toutes les musiques des variétés françaises des années 90, 2000. Donc c'est aussi une bonne manière de s'approprier la culture musicale française. Donc Partir un jour, c'est une super histoire d'amour. Sur fond de lutte des classes. Voilà.
En mode Shakespeare ?
Quoi ?
Comme Shakespeare ?
Comme Shakespeare, si tu veux.
Un Shakespeare revisité.
C'est ça.
Peut-être vin dieu.
Comment tu écris vin dieu ?
Vin comme le chiffre et dieu comme des dieux. Qui parle de fromage.
Ok.
Parce que la France, c'est aussi la gastronomie. C'est un film sur le comté.
Ok.
Pas que, mais sur fond de comté.
Sympa, ça.
Très sympa. D'autres films de Jacques Domi, Les Parapluies de Cherbourg, j'adore. Je suis allée à Cherbourg. Je suis aussi allée à Rochefort.
Tu as fait ta Groupie ?
Oui, j'ai fait mon pèlerinage. Tu es allée sur les lieux des...
C'est ça.
Le parapluie de Cherbourg, c'est génial. Cléo de 5 à 7, qui a été réalisé par la femme de Jacques Domi, Agnès Barber. Voilà.
Est-ce que tu peux nous dire comment on fait pour rejoindre ton ciné club ou une de tes séances ? Comment ça se passe ?
C'est ouvert à tout le monde. Donc on a un programme sur le site. Il suffit de regarder le programme et d'acheter son billet et de vendre au cinéma. C'est très simple. On a toujours un apéritif avant la séance qui dure une heure à peu près. Donc on se rejoint ici sur des canapés. Et après, il y a le film. Et après, il y a souvent un truc en plus du film. Là, ce soir, on a les deux réalisateurs qui sont là. Mais ça peut être plein d'autres trucs. Ce week-end, on a eu un spectacle de stand up en anglais, avant un film, une comédie. Et sinon on a eu une balade aussi. On fait des balades à pied sur le thème du cinéma. Donc samedi, c'était la balade Amélie Poulain à Montmartre.
N'oubliez pas, si vous souhaitez commencer à regarder les films que Manon vient de recommander, vous pouvez regarder dans la description. Il y a un document que j'ai créé spécialement pour vous avec les liens et les noms des films qu'elle recommande. N'hésitez pas à le télécharger, c'est gratuit et c'est juste en bas de la vidéo, dans la description.
Merci beaucoup, Manon.
Merci à toi.
J'ai appris beaucoup de choses, c'est très intéressant.
Ce que je retiens de cette conversation qui était très agréable, c'est que le cinéma français ne se résume pas juste à des films qui sont lents, ennuyants. Je pense qu'ils sont différents parce qu'ils ne cherchent pas toujours la même chose. Souvent, ils cherchent moins le spectacle et plus la réalité. Et si on compare avec le cinéma américain, on peut dire que c'est un peu l'inverse. La prochaine fois que vous regardez un film français, ne vous demandez pas directement qu'est-ce qui est différent par rapport à un film américain, mais qu'est-ce que ce film cherche à me montrer sur la France ? Qu'est-ce qu'il essaie de me dire ? Après avoir parlé de cinéma, pourquoi pas parler d'élégance à la française ? Et je vous invite donc à découvrir l'échange que j'ai pu avoir avec Marie-Ange, de l'hôtel Louison, à Paris. Un hôtel qui respire, transpire l'élégance. Si ça vous intéresse, vous pouvez cliquer sur cette vidéo.