En 70 jours, Vincent Van Gogh a peint 70 tableaux, un par jour. Et ce ne sont pas des esquisses, ce ne sont pas des études, mais bien des chefs d'œuvre. Certains sont aujourd'hui parmi les tableaux les plus célèbres du peintre. Et tout cela s'est passé dans un seul endroit, un petit village français au nord de Paris, qu'il ne quittera jamais. Pour comprendre ce qui s'est passé dans ce village, il faut d'abord comprendre d'où venait Van Gogh. Avant d'arriver ici, Vincent vivait dans le sud de la France. D'abord à Arles, la ville où il a peint ses tournesols, sa chambre et ses cafés la nuit. C'est aussi la ville où il a traversé sa crise la plus grave avec l'épisode de l'oreille, la rupture avec Gauguin et l'hospitalisation. Après Arles, il a été transféré à Saint-Rémy de Provence, dans un hôpital psychiatrique. Il y est resté un an, un an enfermé, mais même là, il peignait. Il peignait la vue depuis sa fenêtre. Il peignait les arbres, le ciel, les champs qu'il voyait, derrière les murs. Et c'est à Saint-Rémy qu'il a peint La nuit étoilée, l'un de ses tableaux les plus connu au monde. Mais sa santé ne s'améliorait pas vraiment et son frère Théo, qui vivait à Paris, s'inquiétait.
Théo a trouvé un médecin, un certain docteur Gachet, qui vivait dans un petit village au nord de Paris, à environ 30 kilomètres. Ce médecin connaissait les artistes, il avait soigné d'autres peintres, il aimait l'art. Théo pensait que ce serait l'endroit idéal pour Vincent. Un endroit calme, un endroit sûr, un endroit où quelqu'un pourrait veiller sur lui. Le village s'appelait Auvers-sur-Oise. Et le 20 mai 1890, Vincent Van Gogh y est arrivé. Avant de vous emmener dans ce village, j'ai créé un guide avec le vocabulaire à utiliser et les lieux à visiter si jamais un jour vous le visiter. C'est gratuit et le lien est dans la description. Maintenant, allons à Auvers-sur-Oise. Auvers-sur-oise est un village. Ce n'est pas une ville, c'est un village. Il se trouve dans le Val d'Oise, à 30 kilomètres au nord-ouest de Paris. Aujourd'hui, on peut y aller en train en moins d'une heure, mais quand on arrive, on a l'impression d'être très loin de Paris, très loin du bruit, très loin de tout. Le village est posé le long de l'Oise, une rivière calme qui traverse la campagne. Il y a des maisons en pierre, des jardins, des chemins étroits, des murs couverts de lierre et au-dessus du village, sur une petite colline, une église.
C'est cette église que Van Gogh a peinte: l'Église d'Auvers. Vous l'avez peut-être déjà vu, sans le savoir. C'est un tableau qui est très célèbre. L'église semble presque vivante, avec un ciel bleu foncé qui tourbillonne derrière elle. Quand vous voyez l'église en vrai, vous la reconnaissez immédiatement. Elle n'a presque pas changé. Quand Van Gogh est arrivé ici, en mai 1890, le village devait ressembler à un rêve. Après un an dans un hôpital, après des mois de souffrance, il se retrouvait dans un endroit vert, ouvert et silencieux. Des champs de blé partout, des toits de chaume, la lumière du nord de la France qui est, certes, plus douce que celle de Provence, mais très belle. Il a pris une chambre dans une petite auberge au centre du village, l'auberge Ravoux, une chambre simple, au deuxième étage, sous le toit. Et ça coûtait environ 7 francs par jour. Et dès le premier jour, il a commencé à peindre. Ce qui s'est passé ensuite est difficile à croire. En 70 jours, du 20 mai au 29 juillet 1890, Van Gogh a peint environ 70 tableaux et réalisé des dizaines de dessins. Un tableau par jour. Parfois plus, il peignait tout: l'église, les champs de blé, les maisons du village, les jardins, le bord de l'Oise, la mairie, les toits de chaume, les fleurs, les arbres, bref.
Et il peignait aussi les gens. Le docteur Gachet, le médecin que Théo avait trouvé pour veiller sur lui, Van Gogh a fait son portrait. Ce tableau est devenu l'un des plus célèbres au monde. En 1990, il a été vendu pour 82,5 millions de dollars. À l'époque, c'était le prix le plus élevé jamais payé pour une peinture. Mais ce n'est pas le prix qui compte. Ce qui compte, c'est l'intensité. Quand vous regardez les tableaux de cette période, vous voyez quelque chose de différent. Les couleurs sont plus vives, les coups de pinceau sont plus rapides, plus urgents. On sent une énergie. Presque une fièvre, comme si Van Gogh savait qu'il n'avait pas beaucoup de temps, comme s'il essayait de tout capturer avant que quelque chose ne s'arrête. Le plus extraordinaire, c'est que ces 70 jours ne sont pas une période mineure de sa carrière. C'est le contraire. Certains historiens de l'art considèrent que cette période est le sommet de son travail. Le moment où tout ce qu'il avait appris, tout ce qu'il avait souffert, tout ce qu'il avait vu en Hollande, à Paris, à Arles, à Saint-Rémy, s'est rassemblé en une explosion de création. 70 jours, 70 tableaux dans un village que personne ne connaissait.
Il y a une peinture, en particulier, qui résume tout. Elle s'appelle: champ de blé au corbeau, un immense champ de blé doré sous un ciel sombre et menaçant. Des corbeaux noirs qui volent au-dessus, un chemin qui se divise en deux directions et qui ne mène nulle part. Beaucoup pensent que c'est le dernier tableau qu'il a peint. Ce n'est probablement pas vrai. Les historiens ne sont pas certains de l'ordre exact, mais quand vous voyez ce tableau, vous comprenez pourquoi les gens le pensent. Il y a quelque chose de final dans cette image, quelque chose de beau et de terrible en même temps. Si vous voulez garder cette histoire avec vous, le vocabulaire, l'histoire en français et les lieux exacts à visiter si un jour vous allez à Auvers-sur-Oise, le guide est là pour vous. C'est totalement gratuit et le lien est juste en dessous dans la description de la vidéo. Le 27 juillet 1890, Van Gogh est sorti de l'auberge. Il a marché vers les champs de blé, au-dessus du village. Ce qui s'est passé exactement dans ces champs, c'est encore l'objet de débats. La version traditionnelle dit qu'il s'est tiré une balle dans la poitrine.
Certains historiens ont proposé d'autres théories. Nous ne saurons probablement jamais, avec certitude, ce qui s'est passé cet après-midi-là. Ce que nous savons, c'est qu'il est revenu à l'auberge Ravoux, blessé. Le patron de l'auberge l'a trouvé dans sa chambre. On a appelé le docteur Gachet. On a envoyé un message urgent à Théo, à Paris. Théo est arrivé le lendemain. Vincent Van Gogh est mort le 29 juillet 1890. Dans sa petite chambre, sous le toit de l'auberge Ravoux. Il avait 37 ans. Théo lui a tenu la main. On raconte que les derniers mots de Vincent ont été: "La tristesse durera toujours". Il avait passé 70 jours dans ce village, 70 jours d'une intensité créative que personne, avant ou après lui, n'a jamais égalé. Et c'est ici, dans ce village tranquille, au bord de l'Oise, que tout s'est terminé. Six mois plus tard, Théo est mort, lui aussi. Il avait 33 ans. Les deux frères sont enterrés côte à côte dans le petit cimetière d'Auvers-sur-Oise. Leurs tombes sont simples, couvertes de lierre, l'une à côté de l'autre, pour toujours. Aujourd'hui, Auvers-sur-Oise est toujours là. L'église est toujours là. Elle ressemble exactement au tableau. Les champs de blé sont toujours au-dessus du village.
L'auberge Ravoux existe toujours et vous pouvez monter voir la chambre où Van Gogh a passé cette dernière nuit. Elle est petite, simple, presque vide. Et quand vous y entrez, vous ne pouvez pas parler. Il y a quelque chose dans cet espace qui vous prend à la gorge. La maison du docteur Gachet est ouverte au public. Les rues du village n'ont presque pas changé. Vous pouvez marcher là où il marchait. Vous pouvez regarder les mêmes murs les mêmes arbres, les mêmes toits. Et si vous allez au cimetière, un tout petit cimetière sur la colline, vous trouverez les deux tombes, Vincent et Théo, côte à côte. Ce que je trouve extraordinaire, c'est la manière dont ce village garde cette mémoire. Pas avec un grand musée spectaculaire, pas avec des statues géantes, avec silence, avec simplicité et respect. C'est très français, je pense, cette idée qu'un lieu peut porter une histoire sans la crier, qu'un village peut garder la trace d'un génie sans se transformer en parc d'attractions, que la mémoire la plus forte est souvent la plus discrète. Auvers-sur-oise ne crie pas: "Van Gogh était ici". Non, il murmure. Et quand vous marchez dans ces rues, vous entendez.
Au début de cette vidéo, Je vous ai donné un chiffre: 70 tableaux en 70 jours. Ça semblait impossible. Maintenant, vous connaissez l'histoire, vous connaissez le village, vous connaissez l'homme et vous savez ce qui s'est passé dans ces champs de blé un après-midi de juillet 1890. Ce village, au nord de Paris, petit, calme, discret, a été le lieu de la plus grande explosion de création de l'histoire de l'art, et aussi le lieu où cette lumière s'est éteinte. Si un jour vous y allez, si vous marchez dans ces rues, si vous montez vers les champs, si vous vous arrêtez devant l'église, vous saurez. Vous verrez ce que les autres ne voient pas. Vous comprendrez pourquoi ce village compte, pourquoi il comptera toujours. Et c'est cette France-là que je veux partager avec vous. Les endroits qui portent des histoires, les villages qui murmurent, les lieux où la beauté et la souffrance se sont rencontrés et ont laissé quelque chose d'éternel. Mais il existe aussi une autre France, une France beaucoup plus vivante, plus intense, parfois même un peu excessive. Une France que l'on retrouve dans des lieux comme le Moulin Rouge et. Et si vous voulez découvrir cette autre facette de la culture française, vous pouvez regarder la vidéo qui s'affiche juste ici.