Aujourd'hui, je vous emmène dans les coulisses d'un hôtel parisien, et pas un hôtel impersonnel, un hôtel familial dont l'histoire remonte à Louis XIV. Vous allez découvrir ce que les clients ne voient jamais, les détails, les décisions, les moments difficiles. Et vous allez comprendre pourquoi un hôtel, ce n'est pas seulement un lieu où on dort.
J'ai repris l'hôtel en 2007. À l'origine, c'est une histoire familiale l'hôtellerie de chez nous. Ma grand-mère avait un autre établissement près de l'Opéra. Moi, j'ai commencé ma carrière par travailler dans la communication en agence de pub. Et ensuite, j'ai rejoint la famille dans l'hôtellerie du côté de l'Opéra. Et en 2007, moi, j'ai acheté cet établissement. On a fait des travaux très rapidement. Oui, parce qu'il était un peu dans son jus. Donc, on a entamé des travaux assez rapidement. On a fait ça étage par étage, au fur et à mesure.
Ce qui est intéressant ici, ce n'est pas juste la rénovation, mais c'est l'idée de transformation. On ne modernise pas simplement un lieu, on va lui donner une vraie identité.
On a refait toute l'électricité, la plomberie, la décoration. On ne change rien. De toute façon, je vais vous dire, la meilleure notation, c'est quand même la e-réputation de nos clients. La personne qui va passer en visite mystère, ce n'est pas elle qui détermine la qualité de l'hôtel, ce sont les notes de nos clients qui déterminent vraiment qui on est. Et ça, c'est la plus belle preuve que l'hôtel fournit le service à Tandin.
C'est quoi les notes les plus basses que vous ayez eues et pour quelles raisons ? S'il y en a.
Là, on a eu... Ce n'est pas forcément visibles Parce qu'après nous, on envoie un questionnaire de satisfaction. Donc là, on a eu le cas d'une cliente, mais qui est une cliente qu'on connaît, qui vient régulièrement, mais elle n'était pas très contente parce qu'elle s'est présentée au petit déjeuner très tôt, avant l'ouverture. Elle voulait un café, ce qui est tout à fait normal. Et on a été hésitant sur est-ce qu'on la laissait rentrer dans la salle avant l'ouverture ou pas. Donc, elle n'était pas pas satisfaite. Elle a eu son café, bien sûr, mais elle n'était pas satisfaite de ce temps d'attente.
Ce n'est pas une grande catastrophe, mais c'est exactement là que se joue la différence dans les détails. Si vous voulez continuer à découvrir la France autrement, je vous ai préparé sept histoires culturelles pour apprendre le français à travers la culture et le lien est dans la description. Vous, qu'est-ce qui vous intéresse dans l'hôtellerie ? À priori, il y a quand ce côté humain ou relationnel, être dans l'hospitalité, mais pourquoi vous avez décidé de reprendre un hôtel et de faire carrière dans l'hôtellerie ? Qu'est-ce qui vous attire ?
Un hôtel, c'est comme une maison où vous accueillez des amis, beaucoup d'amis, évidemment. Mais finalement, c'est vraiment le rôle d'une maîtresse de maison. Donc, ça veut dire être attentif aux détails. Moi, j'aime beaucoup les détails, j'aime beaucoup la décoration, j'aime me faire plaisir. Donc finalement, c'est à grande échelle, faire ce que vous faites quand vous recevez vos amis. Donc c'est ça. Et après, ce qu'il y a d'intéressant dans l'hôtellerie, c'est que vous touchez à tous les domaines. C'est un établissement qui est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, toute l'année. Il se passe toujours quelque chose. En fait, il n'y a jamais une journée qui ressemble à une autre.
Même après 20 ans ?
Oui, on ne peut pas s'ennuyer. Ce n'est pas possible. Et moi, ce que j'aime, c'est aussi toujours améliorer. Donc, je cherche toujours des pistes d'amélioration dans tous les domaines, que ce soit au niveau du confort des chambres. Par exemple, à chaque fois que je refais des chambres, des travaux, là, on est en train d'en faire en ce moment, quelques chambres qu'on rénove. À chaque fois, je demande aussi bien à mes équipes: Qu'est-ce qu'on peut améliorer ? Par exemple, pour les femmes de chambres ? C'est difficile pour elles, ce travail. Donc, qu'est-ce qu'on peut faire pour leur faciliter aussi, elles, Ça, c'est le travail pour aller plus vite, pour qu'elles se fassent moins mal au dos ? Je vous donne un exemple. Par exemple, les minibars, j'ai demandé maintenant qu'on les mette un petit peu plus haut. D'habitude, ils sont toujours au sol, mais ça veut dire qu'il faut être courbé en deux pour changer le minibar, pour mettre les boissons, pour remettre tous les produits. C'est des petites améliorations pour que à la fois le client y trouve son compte aussi, parce que ça va éviter aussi au client d'aller se baisser pour aller chercher une boisson, et aussi pour les équipes qui travaillent tous les jours ici.
L'élégance à la française, ce n'est pas juste esthétique, c'est aussi une attention portée aux personnes. Qu'est-ce qu'ils viennent chercher chez Louison, vos clients ?
Il faut leur demander.
Je n'ai pas lu les commentaires.
Il faut leur demander. Ce qu'ils aiment, c'est l'accueil. C'est vraiment ce côté très chaleureux, convivial, l'impression d'être attendu, d'être vraiment rentré dans une maison familiale, dans une demeure de famille. Vraiment tous les codes. Vous voyez, ici, on est dans le salon, après, on est dans la salle à manger. Tout ce qui fait une maison traditionnelle à Paris, vraiment comme un hôtel particulier. Et donc cet accueil qui reçoivent à chaque fois avec un sourire une ambiance, de la convivialité, de la décontraction. Et puis, évidemment, un service. L'accueil, oui, c'est assez différenciant. C'est vraiment à l'image de de ce que j'insuffle. C'est vraiment beaucoup de gentillesse. Je ne dis pas que chez les autres, ils ne sont pas gentils, mais on est vraiment à l'écoute du client, de son besoin. On essaie de lui faire passer le meilleur séjour possible, sachant qu'ils sont très occupés toute la journée, ils vont visiter Paris, ils sont dehors beaucoup la journée. Quand ils sont ici, il faut vraiment qu'ils se sentent aidés aussi dans leur organisation, même en amont. Les clients sont de plus en plus autonomes avec les applications, avec les sites internet, avec des gens comme vous qui leur faites découvrir aussi beaucoup de choses de Paris en amont.
Mais ils ont toujours besoin d'être rassurés, Il y a besoin d'être aiguillés. Prendre le métro, c'est quand même pas toujours simple. On est là pour leur donner un peu nos tips et surtout aussi leur faire vivre la vie de quartier. C'est-à-dire que moi, je suis très attachée à ce que les équipes connaissent bien le quartier. On a un quartier formidable, on a à la fois des commerces de bouche, des commerces de mode, mais qui ne sont pas les grandes marques connues, qui sont vraiment des petites marques niche. Et ça, qui d'autre que nous pouvons leur indiquer ces commerces, ces petits musées aussi à découvrir, les petits musées cachés, par exemple, il y a le Musée Bourdelle qui est un musée dont vous n'entendez jamais parler. Non.
Qu'est-ce qu'on trouve ?
Qui est à deux pas d'ici. Bourdal était un sculpteur du début du siècle dernier. Il y a un musée adorable avec un jardin, avec ses sculptures, un petit restaurant. Et ça, qui d'autre que nous pouvons leur donner l'adresse ? Personne.
Et maintenant, on entre dans quelque chose de très français, l'histoire. Vous parliez tout à l'heure de l'architecture du bâtiment. Il faut que ce soit un bâtiment qui date du XIXᵉ siècle. Il y a une histoire, j'imagine.
Ici, nous sommes rue de Vosgirard. Et à l'époque de Louis XIV, tous les hectares autour de l'hôtel, c'était Ce n'était pas construit comme aujourd'hui. Donc, ça s'appelait le domaine de Vosgirard, ce secteur. Et ici, à cet emplacement, sur le domaine de Vogira, il y avait une maison qui n'est pas l'hôtel précisément, mais en tout cas, il y avait une qui accueillait madame de Maintenon. Madame de Maintenon était une femme qui élevait les bâtards de Louis XIV, qu'il avait eu avec madame de Montespan. Louis XIV a eu sept enfants illégitimes avec madame de Montespan. Donc, illégitime, il ne pouvaient pas être élevés à la cour de Versailles. Donc, ils étaient élevés ici, sur le domaine de Vaud-Girard. Il faut savoir que madame de Louis XIV, qui a élevé les enfants illégitimes, Louis XIV a tellement apprécié ces valeurs de cœur de cette femme qui était très pieuse, une femme très humaine, qu'à la fin de sa vie, Louis XIV s'est marié en secret avec cette madame de Maintenon. Donc, nous, nous avons imaginé que s'ils avaient eu un enfant, il s'appellerait Louison, qui veut dire petit Louis. D'accord. Voilà l'histoire. Ici. Exactement. Sympa. C'est subtil, mais cette référence historique donnent une profondeur au lieu.
Et ça, les clients, ils sont sensibles. Si vous deviez décrire un peu l'univers de l'hôtel avec trois mots. Qu'est-ce que vous, vous cherchez à transmettre ?
Oui, l'élégance à la française. C'est ça qu'on cherche à transmettre, c'est l'élégance à la française.
Et il y a d'autres références dans l'hôtellerie ?
Il y a plusieurs hôtels à Paris qui sont sur ce... C'est quand même ce qui rayonne à travers le monde, cette élégance à la française. Donc, on s'y attache. Mais vous voyez, tout simplement, on travaille avec un fleuriste, avec des fleurs fraîches, des fleurs aussi possibles françaises. C'est tous ces petits détails qui vont faire cette élégance à la française. Vous voyez, le bouquet, il n'est pas du tout sophistiqué. Il est vraiment comme à la maison. Il y a aussi ça, cette élégance à la française, cette éducation un peu du détail, de l'harmonie. Et c'est ça qu'on essaye de transmettre à nos clients autant que possible dans chaque petit détail. On a déjà le petit déjeuner qui est proposé, qui est fait maison. C'est-à-dire que tout ce qu'on fait au petit déjeuner est pratiquement fait maison. On travaille avec aussi des fournisseurs qui sont plutôt orientés bio.
Comment ça se traduit cette élégance, dans le petit déjeuner ?
Déjà, on fait maison, mais pas très fréquent. D'abord, la viennoiserie, le pain, contrairement à beaucoup d'hôtels, on travaille avec un boulanger du quartier. Donc ça, c'est important pour nous. On travaille vraiment avec un artisan boulanger. Ensuite, par exemple, les yaourts, on les fait nous-mêmes. Les gâteaux, ils sont tous faits maison. Les cakes, les pancakes, on fait des petits cannelés. Parce que comme on est... Regarde mon Parnasse, le cannelé, c'est bordelais. Donc, un petit clin d'œil aussi à la tradition française. Donc, on fait ça. Donc l'élégance, elle vient de ça. Après, dans la mise en place. Je suis allé chiner au marché OPUS des assiettes anciennes. Dans la vitrine du petit déjeuner, on a toute l'argenterie de ma grand-mère, par exemple. L'élégance, elle est là aussi dans ce qu'on propose chaque matin, mais aussi dans la décoration.
Tout ce travail, quand vous en parlez, on prend conscience qu'il y a énormément de choses qui sont mises en place pour créer cet univers d'élégance à la française ou parisienne. Les clients le remarquent ?
Oui, les clients sont sensibles. Et puis, ils aiment l'histoire que raconte cet hôtel. Oui, je pense qu'ils sont sensibles au fait que ce soit une affaire familiale, qu'on soit rattaché à une histoire française, lié quand même à l'histoire de Louis XIV. Oui, les clients, ils ne le disent pas forcément comme ça, mais oui, ils y sont sensibles.
Qu'est-ce qui vous procure le plus de joie ?
Ce qui me procure la joie, c'est les commentaires des clients, c'est quand ils sont heureux, quand les équipes aussi ici sont heureuses de travailler quand je les entends rire. Voilà, c'est ça. C'est effectivement... Et puis de voir que les choses sont bien faites, par exemple. En ce moment, on refait quelques chambres. Même mes équipes qui s'occupent des travaux sont formidables. Moi, c'est un plaisir d'aller sur le chantier, c'est propre, c'est bien organisé, l'architecte est incroyable. Tout est satisfaisant dès l'instant où les gens font les choses avec l'envie de bien faire et le client le ressent.
C'est quoi vos plus grosses difficultés sur une vingtaine d'années ?
La plus grande ? Oui. Ça a été le COVID. Ça se passe comment ? On a fermé 18 mois. C'est-à-dire que le jour où il y a eu l'annonce du confinement, le lendemain, on n'avait plus de réservation, tout le monde annulait, évidemment, plus personne n'avait le droit de se déplacer. Et ce jour-là, il a fallu que je trouve les clés pour fermer la porte d'entrée de l'hôtel. Je ne savais même pas comment fermer la porte d'entrée de l'hôtel pendant 18 mois. Ce qui était difficile, ce n'est pas la fermeture des 18 mois, c'était de ne jamais savoir. On passait de confinement en réouverture en confinement en réouverture. À un moment, on a essayé de rouvrir. Il y a eu une petite brèche, on a tenté. Il y a des soirs, on On a ouvert 15 jours. Au milieu de tout ça. Il y a des soirs, il n'y avait pas un client dans l'hôtel et au mieux, on avait deux ou trois chambres. Donc, j'ai refermé, j'ai dit: Je ne rouvre pas tant que ce n'est pas possible. D'abord, pour les clients, c'était quand même... Ça se sent un hôtel où il n'y a pas de client, ça se sent.
Ça veut dire que tout était en service minimum, on était masqué de tous les côtés, tout était à distance. C'était C'est terrible. Donc 18 mois sans savoir quand. Donc, pire que ça, je ne connais pas.
Vous avez fait quoi pendant 18 mois ?
Moi, je venais toutes les semaines. Parce qu'en fait, un hôtel, si vous le laissez fermé, c'est comme une maison, vous le laissez fermé 18 mois sans vous en occuper. Vous revenez, je ne vous raconte pas les problèmes de plomberie surtout et autres. Donc moi, je venais toutes les semaines avec l'homme d'entretien. On tirait toutes les chasses d'eau, toutes les semaines, on faisait couler l'eau, on chauffait, on s'assurait qu'il y avait du chauffage et moi, j'avais besoin de venir toutes les semaines. Et j'ai bien fait parce qu'un jour, j'arrive, c'était le noir complet dans l'hôtel, j'ouvre cette fameuse porte, ça y est, j'avais trouvé enfin les clés. J'arrive, je pose les pieds et je faisais: Flock, flock, flock. J'étais dans le noir complet. J'allais au tableau électrique, j'ai dit: Non, mauvaise idée. Et j'étais là et je sentais l'eau. Donc, j'ai pris mon téléphone et là, une fuite du troisième étage qui a coulé pendant une semaine, puisque moi, je ne venais qu'une fois par semaine. Donc, tout ça sur les ordinateurs en réception, de l'eau jusque-là, les dégâts que ça a fait. Donc, vous imaginez quand vous ne venez pas toutes les semaines, les dégâts qu'il peut y avoir.
Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2026 ?
Écoutez, que les clients soient nombreux et qu'ils soient heureux, surtout, d'être ici et qu'on les accompagne dans leur séjour à Paris. Évidemment, on contribue à faire de leur voyage, de leur séjour, un souvenir inoubliable. C'est ça. Et qu'ils aient envie de revenir, qu'ils aient envie d'en parler à leurs amis, à leurs familles. C'est ça qu'on peut nous souhaiter. L'idéal, c'est de venir en mars, en avril, quand il y a moins de monde. D'abord, il y a moins de monde dans Paris. Les restaurants sont moins complets aussi. C'est plus confortable de venir en mars, avril que mai, juin où là, c'est plein partout. Pour faire de la visite les journées, les soirées, c'est quand même beaucoup plus agréable. Pour profiter des terrasses à Paris, à partir de début avril. Oui, moi, je trouve que le mois d'avril, souvent, on a des très belles journées, très belles soirées au mois d'avril.
Ce que j'aime avec cette histoire, c'est qu'elle nous rappelle une chose, qu'un hôtel, ce n'est pas juste un lieu où l'on dort. Ce n'est pas juste un c'est une vision, la vision d'une personne et c'est aussi une attention au détail et une manière d'accueillir. Si vous aimez découvrir la France à travers des épisodes comme celui-ci, n'hésitez pas à me le dire dans les commentaires. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écouter Marie-Ange. Si vous souhaitez, vous aussi, vivre l'expérience de l'élégance à la française chez Louison, je vous ai mis le lien en commentaire du site internet de l'hôtel pour réserver votre nuit. En.
On vous accueille au Louison avec plaisir.